L'expérience de Milgram

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  L'expérience de Milgram fut réalisé au début des années 1960 par le psychologue américain Stanley Milgram. Le but de cette expérience est d'évaluer le degré de soumission d'un individu face à une autorité qui lui apparait comme légitime. Milgram experiment
 

Déroulement de l'expérience

  Les sujets pensent participer à une recherche sur la mémoire. Ils sont accueilli dans un laboratoire tout ce qu'il y a de plus sérieux, par un expérimentateur froid et impassible. A ses côtés se trouve, Bob, celui qui va participer à l'expérience avec le sujet. L'expérimentateur leur explique qu'ils vont participer à une expérience sur l'effet de la punition sur l'apprentissage dans laquelle il leur sera demandé d'appliquer des décharges électriques, sous la tutelle de l'expérimentateur. L'un jouera le rôle du professeur et l'autre de l'élève et après tirage au sort le sujet prend la place du professeur. Bob n'est pas en contact visuelle avec le sujet mais ils peuvent tout de même communiquer. Les sujets posent des questions, qui entraînent des décharges à chaque mauvaise réponse, en sachant que chaque mauvaise réponse augmente de 15 volts la prochaine décharge. Tout est mise en place pour leur faire croire à l'expérience et en aucun cas ils se doutent d'être les véritables sujets. Enfin, on administre un choc test au sujet de 45 volts, il ressent une bonne piqûre mais rien d'insurmontable (le choc est bien moindre en vérité). La confiance du sujet dans l'expérience et son inoffensivitée est totale. 

  Le sujet est censé faire mémoriser à Bob des suites de mots. L'élève qui se trompe, feinte la douleur. A 75 volts il gémit, à 120 il se plaint à l'expérimentateur, à 135 il hurle, à 150 il supplie d'être libéré, à 270 il lance un cri violent, à 300 il ne répond plus, seul des martélement au sol se font entendre. Biensur, l'expérimentateur précise qu'une absence de réponse équivaut à une mauvaise réponse.

  A partir de 150 volts, la majorité des sujets commencent à manifester des doutes et s'en remette à l'autorité. Son objectif étant de rassurer le sujet et de le pousser à continuer l'expérience, affirmant qu'ils ne sont pas responsable. Lorsqu'un sujet souhaite arrêter, l'autorité lui fournira 4 réponses, dans un ordre précis.

1."Veuillez continuer s'il vous plaît"

2."L'expérience exige que vous continuiez"

3."Il est absolument indispensable que vous continuiez"

4."Vous n'avez pas le choix, vous devez continuer"

Passé ces 4 réponses, si le sujet souhaite toujours s'arrêter alors l'expérience sera interrompue. Sinon l'expérience s'arrête lorsque le sujet à administrer 3 décharges maximales de 450 volts.

  Fin de l'expérience, l'expérimentateur change d'attitude, Bob revient, l'objet véritable de l'expérience est révélé. Cette expérience ne visait qu'à tester la soumission à l'autorité. Soumission qui amène n'importe qui à tuer sous de simples injonctions.
 

Résultats

●62,5% des sujets sont allés jusqu'a infliger 3 chocs électrique de 450 volts (soit 25 sujets sur 40)

●12,5% s'arrêtent à 300 volts (quand on entend l'élève remuer)

●25% des sujets s'arrêtent entre 375 et 420 volts 

●Tous les sujets ont accepté de participer une fois informé des particularités de l'expériences et sont allés jusqu'a 135 volts au minimum

●Les sujets s'arrêtent en moyenne à 360 volts

●Seul un sujet a utilisé la décharge maximale

●Tous les sujets se sont arrêtés pour questionner l'autorité

●Beaucoup présentaient des signes de nervosité, anxiété lors des derniers stades


 

Analyse

  Cette expérience montre qu'un être humain normal est capable du pire, même sans être menacé, sans être intimidé. Cet individu pourrait être nous, vous, votre ami, votre père, votre boulanger. Elle met en exergue notre obéissance inconditionnelle aux symboles de l'autorité, à travers nos actes qui dénotent une soumission inconditionnelle au cadre de l'expérience.

  Dans l'ouvrage que publiera Stanley Milgram quelques années plus tard, dans lequel il analysera son expérience, il posera l'hypothèse que l'obéissance est un comportement nécessaire à la vie en société et que l'intégration d'un individu dans une hiérarchie implique que son propre fonctionnement soit modifié, le sujet devient l'agent de l'autorité.

 

  Plusieurs facteurs peuvent expliquer l'obéissance du sujet :

● L'obéissance envers l'autorité familiale qu'il a eut dans le passé

 L'idéologie dominante du sujet

 "L'état agentique". Lorsque le sujet obéit, il délègue sa responsabilité à l'autorité et passe dans cet état que Milgram appelle "agentique". L'individu n'est plus autonome, c'est un "agent exécutif d'une volonté étrangère". Ce comportement est assimilable à celui des Allemands qui suivaient l'autorité qui leurs semblaient légitime, déchargeant les tensions de l'extermination qu'il provoquaient

 

  Des arguments ont été proposés afin de contrer les résultats de cette expérience :

-La soumission a-t-elle des causes culturelles ?
>L'expérience a été reprise dans différents pays de la même façon, et à différentes dates (allant de 1968 à 1980).
  Résultat : Le taux minimal de soumission est de 50%, le taux maximal est de 87,5%, la moyenne est de         71%.

-La soumission dépend-elle des individus ?
>Hommes ou femmes réagissent d'une façon strictement identique. Le niveau d'éducation et le métier n'ont aucun lien avec le fait d'être soumis ou non. Le fait d'être soi-même une autorité ne protège pas d'être, dans d'autres cas, soumis à volonté

-L'expérimentateur inspirait la peur.
>Cet argument est valable car, plus l'expérimentateur est proche du sujet et plus ce dernier sera obéissant. Inversement, plus il s'éloigne, plus le sujet se rebelle. Dans le cas ou l'expérimentateur est absent et donne des ordres par téléphone, le sujet ne respecte pas le protocole et lui ment. Dans le cas où l'on a un duo d'expérimentateur et que ceux-ci se disputent sur le protocole, le taux d'obéissance chute drastiquement et atteint 0%, les sujets s'arrêtent à 150 volts. En condition de contrôle, l'autorité est enlevé, le sujet est libre de faire comme il l'entend : 80% ne vont pas au-delà de 120 volts

-La situation de l'expérience est artificielle, dans la vie réelle ça n'arriverait jamais.
>C'est le plus gros reproche formulé envers l'expérience. Mais cet argument tient la route car il n'y a rien de commun dans le fait de se retrouver dans un laboratoire impliqué dans une expérience pour la science. Dans la suite des expériences que nous allons voir, des chercheurs ont supposé que l'individu n'est pas soumis à une autorité dans les situations du quotidien. Pour cela, ils ont mis en place des expériences, notamment dans le milieu professionnel.

Sources et conclusion

  On voit donc que notre obéissance à une autorité peut très vite dégénérer lorsqu'une confiance aveugle s'installe. Cette expérience ne prouve rien quant à une aggressivité inhérente chez l'homme, la totalité des sujets ont manifesté leur désapprobation à continuer, et Milgram note chez tous ses sujets des tensions qu'ils tentaient de réduire en désobéissant à l'autorité, en diminuant la décharge à son insu par exemple. Mais lorsque le sujet est dans l'incapacité à percevoir chez sa victime un droit, alors l'autorité est celui qui conduit l'expérimentation. Le sujet ne conscientise pas forcément son acte lorsque celui-ci se retrouve déchargé de responsabilité et c'est cela qui pose problème car le sujet n'est plus capable de percevoir le réel danger pour sa société.

 

  Sources :

http://hacking-social.com/wp-content/uploads/2015/07/lhomme-format%C3%A9-red-3.2.pdf   <= Aller y faire un tour, ce site est vraiment génial ! Enfin la vous avez le lien de leur livre qui est simplement excellent

https://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rience_de_Milgram

http://www.psychologie-sociale.com/?option=com_content&task=view&id=60&Itemid=2

 

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